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© Delphine Vaisset / Collectif Essenci’Elles

À deux pas de la frontière libano-syrienne aux alentours de Zahlé dans la Bekaa, Nibal vit dans un camps « informel » avec ses deux filles Taïma, Balkis et son benjamin Mohammed. Son autre fils Brahim, 20 ans, en photo sur son portable, a été enlevé par l’armée de Bachar el-Assad puis emprisonné, alors qu’il sortait tout juste du bloc opératoire d’un hôpital en Syrie. Nibal n’a plus de nouvelles de son fils depuis un an et huit mois. Il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne se demande où il se trouve. Subit-il la torture ? Peut-être est-il déjà mort.
Cette femme d’origine palestinienne, de classe moyenne vivait à Deraa où elle était fonctionnaire. Deraa cette ville où le conflit syrien a éclaté en mars 2011, il y a maintenant trois ans. Le mari de Nibal est mort au tout début du conflit, touché par un éclat d’obus. Elle a tout de même décidé de rester vivre dans sa maison pendant un temps, puis il a fallu fuir. La menace qui pesait sur ses filles était trop importante. Nibal craignait qu’elles ne se fassent violer.
Lors de l’entretien, elle avoue : « J’aurais préféré qu’un obus éclate sur notre maison et tue toute la famille que de vivre ce que nous vivons actuellement. Une vie sans nouvelle de mon fils, sans avenir pour mes enfants ».

Just steps from the Lebanese-Syrian border around Zahle in the Bekaa, Nibal lives in an « informal » camp with her two daughters: Taïma and Balkis and her youngest son Mohammed. Her other son Brahim, 20, pictured on her mobile was abducted by the army of Bashar al-Assad and imprisoned, he was just coming out of the operating room of an hospital in Syria. Nibal hasn’t heard of her son for a year and eight months. Not a day goes by without her wondering where he is. Is he being tortured? Maybe he is already dead.
This Palestinian origin, middle-class woman living in Deraa where she was an official. Deraa city where the Syrian conflict began in March 2011, there are now three years. Nibal husband died at the beginning of the conflict, hit by a shrapnel. She still decided to stay and live in her house for a while, then had to flee. The threat against her daughters was too important. Nibal feared they would be raped.
During the interview, she confesses: « I would have preferred a shell burst on our house that would have killed the whole family rather than living what we now live. A new life without my son, no future for my children.  »